03/03/2005

L'internationalisation...

Superbe réponse du ministre Brésilien de l'Education interrogé par des
étudiants aux Etats-Unis...


A faire suivre... car la presse " nord-américaine " a refusé de publier ce texte !

L' INTERNATIONALISATION


Discours du ministre Brésilien de l'Éducation aux États-unis.

Pendant un débat dans une université aux États-unis, le ministre de l' Education, Cristovam Buarque, fut interrogé sur ce qu'il pensait au sujet de l'internationalisation de l'Amazonie.
Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu'il espérait une réponse 'un humaniste et non d'un Brésilien.


Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.

En effet, en tant que Brésilien, je m'élèverais tout simplement contre l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.

En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour toute l'humanité.
Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.

Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que l'Amazonie l'est pour notre avenir.
Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer l'extraction de pétrole, comme d'augmenter ou non son prix.


De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches.
Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un pays.
Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale.
Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Avant l'Amazonie, j'aimerai assister à l'internationalisation de tous les grands musées du monde.
Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France.
Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain.
On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un seul pays.

Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.

Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-unis.
Je crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé.
Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l'humanité.
Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.

Si les États-unis veulent internationaliser l'Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des États-unis.
Ne serait-ce que par ce qu'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes.


Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des États-unis ont soutenu l'idée d'une internationalisation des réserves florestales du monde en échange d'un effacement de la dette. Commençons donc par utiliser cette dette pour s'assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d'aller à l'école.
Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l'attention du monde entier. Davantage encore que l'Amazonie.
Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu'ils devraient aller à l'école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu'ils devraient vivre.
En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre l'idée d'une internationalisation du monde.
Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous.
Et seulement à nous !


14:03 Écrit par Seb | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Et toc ! La réponse du berger à la bergère....le tout bien dans les dents !
Ce que la petite histoire ne dit pas c'est comment ont réagi les étudiants...

Ah la la, les USA et leur envie d'être les justiciers du monde...

Écrit par : Isabelle | 04/03/2005

N'empêche Un peu sceptique quand même sur le fait que la presse Nord-américaine refuse de le diffuser...et puis surtout assez étonnée qu'on évoque le forum du millénaire comme un événement récent et le débat des candidats à la présidence (qui pour rappel parlaient surtout de l'insécurité et du terrorisme), je suis allée vérifier sur hoaxbuster...

Effectivement, rien à redire sur le discours, il est authentique mais par contre ce qui l'est moins c'est les dates qu'on veut nous faire gober. Ce discours a eu lieu en 2000 alors que Buarque n'était encore que futur-ex ministre de l'éducation (nommé en 2003, remplacé en 2004), ce qui replace plus dans son contexte le Forum du Millénaire, déjà....et la presse nord-américaine n'a jamais refusé de diffuser le discours puisqu'il est notamment paru dans le New York Times et que ça fait plus de 4 ans qu'on peut le trouver un peu partout sur le Net, américain ou autre...

Cette dernière "erreur" parlant d'un boycott quelconque a été commise par des sites d'extrême-gauche (comme par hasard)

Voilà qui nous trouvera moins bêtes ce soir ;o)

En tout cas, je ne retire rien à ce que j'ai dit précédemment : Bravo Buarque !

Écrit par : Isabelle | 04/03/2005

... Décidemment, tu as pris goût à l'investigation!!!
Il est vrai, j'avoue avoir posté rapidemment ce texte sans réellement vérifier son contenu...sans doute ai-je été hypnotisé par Monsieur Buarque!Je pense aussi que la référence à sa non diffusion a également pour objectif que le texte circule davantage sur le web, un peu genre "chaîne à ne pas rompre sous peine de s'attirer les pires ennuis"!
Néanmoins, comme tu le dis si bien, ça n'enlève en rien à la pertinence des propos...

Écrit par : Seb | 05/03/2005

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